L’objet de cet article est, en premier lieu, de faire apparaître des marqueurs de la modalité déontique dans des textes appartenant au discours juridique en russe. Autrement dit, il s’agit des formes grammaticales et lexicales qui sont employées afin d’exprimer l’obligation. Notre corpus de textes juridiques est organisé selon la hiérarchie des normes proposée par Hans Kelsen, théoricien du droit et fondateur de l’école normativiste. Cette hiérarchie se présente sous la forme d’une pyramide dont le sommet se réfère au niveau juridique le plus élevé, c’est-à-dire le bloc constitutionnel, alors que sa base implique le niveau le plus bas, le bloc contractuel. Selon notre analyse, dans le bloc constitutionnel, le marqueur de l’obligation le plus fréquent est le présent imperfectif, tandis que dans le bloc contractuel on peut constater une variété de marqueurs modaux exprimant l’obligation, tels que должен, обязан, подлежит, etc. Ainsi, dans une approche jurilinguistique, nous révèlerons, en deuxième lieu, des liens entre la nature juridique de chaque type de textes appartenant à différents blocs de la pyramide et le choix des marqueurs de la modalité déontique qui y expriment l’obligation. Dans une perspective sémasiologique, nous posons qu’une telle répartition des marqueurs de l’obligation permet de reconstruire les traces d’une forme d’échange communicationnel entre l’énonciateur et les destinataires dans le discours qui est traditionnellement considéré comme discours non communicationnel avec effacement énonciatif de toute voix parlante.Notre étude n’est pas inscrite dans un cadre théorique précis, mais elle est inspirée, néanmoins, par la grammaire cognitive, l’analyse du discours ainsi que par la linguistique de corpus.