Ce travail vise à explorer l’effet facilitateur d’une langue romane (français ou espagnol) et de l’anglais dans l’apprentissage lexical d’une autre langue romane (espagnol ou français) dans un contexte universitaire. D’une part, l’appartenance à la même famille des langues romanes facilite largement l’acquisition des connaissances linguistiques. D’autre part, un étudiant ayant réussi l’examen d’entrée à l’université est censé avoir atteint au moins le niveau indépendant (B2) en anglais, tandis qu’un étudiant spécialisé en langues étrangères peut atteindre un niveau autonome (C1), selon les normes du programme d’anglais dans le cadre de la scolarité obligatoire publiés par le ministère de l’Éducation de la République populaire de Chine (2018). Un tel niveau de compétence en anglais joue nécessairement un rôle non négligeable dans l’apprentissage d’une autre langue indo-européenne. L’étude repose sur une classification des catégories d’unités transparentes du point de vue d’apprenants sinophones, ainsi que sur la comparaison de trois lexiques: un lexique espagnol élaboré à partir des manuels scolaires destinés aux étudiants chinois; un lexique français construit selon la même logique; et un lexique espagnol extrait d’un corpus naturel issu du projet iRead4Skills, destiné aux apprenants natifs. Ces lexiques, différenciés par la langue cible et le public visé, offrent une vue d’ensemble pertinente pour analyser la transparence lexicale dans l’acquisition du vocabulaire roman chez les apprenants sinophones.